Est-ce que vous avez entendu parler de Tribe - to be inspired ? Ce réseau n'a pas encore un an et affirme comme mission de remettre l’humain et l’éthique au cœur de l’action. Il porte le rêve un peu fou de réinventer la façon dont on pense, on travaille, on vit.
Je suis invité à m'y exprimer autour du thème « BOUGER LES LIGNES en entreprise : et si j’osais ? ». Si le sujet vous intéresse, inscrivez-vous vite : il doit rester encore quelque place (Edition du 14 mars, qui s'écrit 3/14 en notation américaine, donc la journée de pi).
Charlotte et Bruno, que coordonnent l'événement et que j'ai rencontré la semaine dernière autour d'un thè vert, me demandent de me présenter par écrit. L'exercice n'est pas simple (même avec un correcteur d'orthographe). Que pensez-vous de ce premier jet ? N'hésitez pas à me dire comment je pourrais améliorer cela sur le fond et sur la forme (j'ai peut être écrit quelque chose qui ne se lit pas bien... et ce n'est pas le but).
Aujourd’hui, j’ai encore eu de la chance : j’ai rencontré au boulot de nouvelles personnes avec qui je serais prêt à passer des nuits entières à refaire le monde. Est-ce que cela vient de mon travail ou de ce à quoi j’occupe mes soirées ?
Aujourd’hui, j’ai 31 ans, un emploi chez Danone (dans une petite structure rattachée à la direction générale), un scooter qui me guide de conférence en conférence et un smartphone qui collecte mes tweets. Cela aurait pu être prévisible : élève appliqué, diplômé d’une grande école, (dé-)formé aux exigences de la finance et de la stratégie. Pourtant, c’est pour un emploi du temps (encore) peu commun que j’ai signé chez le champion des yaourts il y a 4 ans : réformer le capitalisme, depuis le cœur même d’une multinationale.
danone.communities est un incubateur de « social businesses », né de la rencontre du Pr.Yunus, fondateur de la Grameen Bank, Prix Nobel de la Paix 2006 et de Franck Riboud, président de Danone. Sa mission est de financer et de développer des entreprises locales, avec un modèle économique pérenne, tournées vers des objectifs sociaux : faire reculer la pauvreté et la malnutrition. Ces entreprises ne versent pas de dividendes et redistribuent leurs marges dans leur activité, pour plus d’impact dans leur mission. A côté d’entrepreneurs, d’ONGs et d’investisseurs solidaires, nous accompagnons une dizaine de projets, du Bangladesh au Mexique, au profit de près d’un million de bénéficiaires. Dans cette équipe, mon rôle est de mettre en réseau pour mettre en mouvement : une nouvelle forme de communication, « non violente » et tournée vers l’action. On appelle cela de « l’animation de communauté » (community management).
Si j’ai grandi à la montagne, suis passionné de snowboard et adore les boites de nuit, je dois reconnaitre une « sortie de piste » vers le milieu des années 2000 : au début de ce qu’on appelle l’ère du web2.0. L’internet, cet outil convivial comme dirait Illich, a réveillé les questions existentielles de l’amateur qui sommeillait dans le professionnel des certitudes que j’étais déjà devenu. Grâce à la toile, j’ai abandonné le costume de consultant pour soutenir toute sorte d’activisme : en défendant l’opensource avec des geeks, en créant une monnaie alternative avec des amis fabebook, en débattant du revenu d’existence au Forum Social Mondial, en organisant des rassemblements TEDx pour la République, en créant une ville éphémère à Burning Man, en devenant Candidat au Changement avec des créatifs culturels.
A mon niveau, avec d’autres, j’essaye donc de dessiner les contours de nouvelles manières de faire société : d’explorer de nouveaux rôles pour l’entreprise, d’expérimenter de nouveaux modes de convivialité. Depuis le siège d’une compagnie côté en bourse, je me mets au service d’autres valeurs que l’argent. Je ne suis ni directeur, ni entrepreneur… mais j’essaye d’être en responsabilité sur les changements que j’aimerais voir arriver pour le monde. Parfois avec des contradictions, souvent par des concessions avec mon impatience, le plus rarement possible par des compromis avec mes valeurs, j’essaye d’apporter ma part… comme le Colibris de la légende qui, avec une goute d’eau dans son bec, essaye d’éteindre l’incendie de la forêt.
Comme le Pr.Yunus, je rêve d’un monde sans pauvreté. Pire, mon cœur se révolte pour que nous entrions tous dans une abondance de richesses ! Ce projet n’est pas le mien et ne pourra pas se faire seul : avec inspiration, osons, ensemble, nous mettre route pour cette métamorphose.
Je vous souhaite une Merveilleuse AAAnnée 2012 : qu’elle continue de stimuler vos Aspirations profondes*, vous réserve de passionnants projets à Accompagner et vous offre de larges moments de joie avec ceux que vous Aimez !
A côté de mes aventures dans le social business et les open currencies, je voudrais attirer votre attention sur un autre foyer majeur d'innovation. Le Revenu d'Existence constitue une des Plus Grande Réforme que notre société peut ouvrir en ce début de siècle.
Très bon début d’AAAnnée, avec ou sans triple A.
En avant !
* : un texte que j'adore : "Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir, et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer, et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous." Jacques Brel
La monnaie est un objet que nous connaissons tous, quasiment naturellement. Nous le connaissons tellement bien que nous oublions parfois que l’argent est une construction économique, résultat d’un choix de société. D’un point de vue académique, j’ai fait une école de commerce, suivis une spécialisation finance et je dois reconnaitre ne pas avoir eu de cours sur ce qu’est une monnaie. Si on décrit parfois ses fonctions (unité de mesure, intermédiaire d’échange, réserve de valeur), on ne s’attarde pas sur sa nature, sur ces caractéristiques de fond. On se contente d’utiliser celle qu’on a, comme si elle obéissait à des règles optimum, inchangeables. On oublie qu’une monnaie résulte d’un accord entre agents économiques, qu’elle est là pour faciliter des échanges, des mises en mouvement. En 2009 à Belem, lors du Forum Social Mondial, j’ai eu la chance de découvrir le Grao, où comment les étudiants et professeurs d’une université créent leur propre monnaie, une semaine par an, pour accélérer des transactions éthiques et sensibiliser la ville de Porto Alegre aux enjeux du développement durable. L’argent ne saurait-il pas neutre ? Serait-il capable de soutenir, de « flécher » certains types d’actions en particulier ? D’où viendrait alors l’adage populaire « l’argent n’a pas d’odeur » qui nous laisse croire que la monnaie que nous avons dans nos poches est indifférente à ce que nous appelons richesses ?
Bernard Lietaer brise le tabou et nous invite à sortir des crises financières systémiques par des chemins de traverses dans la pensée monétaire. Créateur précurseur de systèmes pour gérer le change flottant en 1970, Bernard a été successivement haut fonctionnaire à la banque centrale de Belgique, trader de renommée internationale, professeur de finance internationale à l’Université de Louvain, et président de l’Electronic Payment System Belge. Il a également participé à la création de l’Euro. Aujourd’hui, consultant auprès de firmes multinationales et de pays en voie de développement, il accompagne l’émergence de systèmes monétaires complémentaires. Il vient de sortir le livre « Au coeur de la monnaie » (éditions Yves Michel) et nous invite à un pas supplémentaire sur les routes de la démystification de la monnaie. L’auteur retrace les 28 000 ans passés, de la préhistoire à Wall Street, pour décrypter les dimensions intérieures individuelles et collectives de l’argent (inconscient collectif et lien émotionnel…).
Force est de constater en effet que nous n’avons pas l’habitude de parler d’argent. Le thème fascine, irrite, déchaine les passions... « le fric est partout »… et pourtant, on ne s’interroge jamais sur sa nature profonde. Alors qu’on peut dénombrer 425 crises financières depuis 1970 (soit 1 par mois sur 30 ans), on se s’interroge pas les mécaniques de création et de circulation monétaire. Dans ce contexte, Bernard identifie au moins 4 voiles qui opacifient ces questions et gêne le débat public :
l’idéologie : l’argent est au cœur du système capitaliste dominant
la lobbycratie (quand à Washington, on compte l3 lobbyistes par représentant du gouvernement) ou ploutocratie (ie système politique ou ordre social dans lequel la puissance financière et économique est prépondérante)
le tabou académique (Bernard qui a fait ses études au MIT comme Paul Krugman, confie que le Prix Nobel 2008 d’Economie lui a dit un jour “Didn’t they tell you? Never touch the money system! You’re killing yourself academically if you touch the money system”.)
C’est précisément sur ce dernier point que « Au cœur de la monnaie » apporte des éléments tout à fait novateurs à l’état de l’art de la finance alternative. Bernard identifie dans nos modes de fonctionnement et de pensée, y compris monétaires, les traces d’une société dominée par des énergies masculines, de type Yang*. En 1987, le Wall Street Journal avait déjà vendu la mèche à l’occasion en titrant : « Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie ou la panique ». Précisément, pour Bernard, ces deux sentiments sont les ombres de l’archétype (ie séquence d’émotions et d’actions qui peuvent être observés à travers le temps et les cultures) réprimé du « Souverain ». En somme, notre société obtient ce que nous méritons : nos mécaniques financières résultent de nos valeurs culturelles qui exacerbent certains modèles et atrophient les valeurs de « la Déesse Mère ». Sur 450 pages illustrées, Bernard revient sur les caractéristiques émotionnelles de nos organisations sociales et économiques. Face aux crises actuelles de changement climatique, de chômage et de précarité, la métamorphose de nos consciences est-elle encore possible ? Serons-nous capable de redéfinir nos croyances et de grandir en humanité ? Nous n’avons plus beaucoup de temps pour nous poser la question… alors en avant, foncez lire ce livre et d’ouvrir le débat autour de l’argent ! (pourquoi pas autour d’un Barcamp)
* Exemples de valeurs Yang fournies par Bernard : compétition, avoir et faire, performance de pointe, logique, linéaire, technologie domine, expansion, hiérarchie, autorité centrale, dieu transcendant ; là où le Yin valoriserait la coopération, être, endurance et soutenabilité, paradoxal et non linéaire, habilité interpersonnelles, « small is beautiful », égalité, confiance mutuelle, divinité immanente
C'est la rentrée. Parmi mes résolutions : participer à plus d'événements digitaux (parce que l'IRL change le monde). EventBrite est une des plateformes de ticketing qui fait référence aujourd'hui dans le geekworld... mais pas que ! Déjà plus de 37 millions de tickets ont été vendus via cette plateforme.
C'est le cas pour la conférence FailCon, à laquelle je participe avec une vraie curiosité. Des entrepreneurs du monde entier viennent partager... leurs erreurs. Accepter les aberrations, âneries, aveuglements, bavures, bêtises, bévues, boulettes, bourdes.... qui au final les améneront au succès. Biensur, pour moi, en ce moment, le majeur #FAIL que nous connaissons vient de notre architecture monétaire.
Précisément, nous avons eu la chance d'écouter un des co-fondateurs d'EventBrite : Renaud Visage. Il revient sur les difficultés que son entreprise avait rencontré au début en étant trop dépendante de la plateforme Facebook. Je l'interroge sur sa compréhension de sa dépendance aux monnaies conventionnelles (€, $). Il reste sceptique ? AirFrance qui vend des billets d'avion a pourtant créé sa monnaie : les Miles. Pourquoi EventBrite, qui distribue des tickets d'événements, ne pourrait pas aussi créer des EventBriteCredit ? Pour être plus précis, je lui écriz donc ce mail, que je partage avec Willy et vous :
"... à propos des monnaies alternatives : - on peut définir une monnaie comme un standard d'échange à l'intérieur d'une communauté qui se fait confiance (Bernard Lietaer) - une monnaie a traditionnellement 3 fonctions : unité de mesure, moyen d'échange, outils d'épargne (Aristote) - au XXeme siècle, il y a une une grande concentration/homogénéisation monétaire vers 2 principaux types : monnaies fiduciaires (qu'on emprunte au banque = argent dette) et monnaies scripturales (émise par les banques centrales, sous forme de piece ou de papier) - a côté, 5000 autres initiatives se sont développés (monnaies sociales ou régionales) ; ex.: le sol, le palma, le wir, le fureai kippu... - L'idée : de la même façon que les blogs ont complété d'une longue traine les masses media, grâce au digital, nous allons pouvoir compléter l'offre des monnaies conventionnelles par des monnaies communautaires (et c'est tant mieux s'il y a de l'open source là dedans : http://www.openmoney.org/top/omanifesto.html)
Bref. L'argent est un grand taboo et on a du mal à questionner son origine. On considère souvent les miles, les smiles, les points bouygue tel ou autre... comme un jeu de "bon points". Les pensées comme une architecture monétaire et les relier à des enjeux de gamification permet d'ouvrir de larges perspectives.
Exemples de ce que les EventBriteCredits pourraient faire : - EventBrite les crée et fixe ses règles de circulations - a chaque € dépensé sur EventBrite, je gagne 1 EBCredits - arrivé à 100 EBC, je décroche un badge relatif à la thématique de l'événement (je deviens "Tech Insider"... puis à 500 "Tech Master"... puis à 1000 "Tech Guru" ... comme pour les status chez AirFrance - C'est important d'avoir une audience qualifiée à une bonne conférence, donc tu peux vendre ta base de "Tech Guru" à un organisateur de conférence pour qu'ils viennent avec 50% de discount - Tu peux aussi distribuer des produits à ta base de contacts contre des EBC : certains fabricants seront heureux de distribuer des produits à une base qualifiée (la question est de savoir si les transactions se font pour tout ou partie en EBC ou €) - tu peux enfin, et c'est là que la création monétaire devient marrante, rémunérer des participants pour des contributions non-monetisables en € (parce que nous manquons d'€ et parce que parfois ce n'est pas ce qu'il demande) ex.: inviter 10 amis à la conférence = 100 EBC, publier article de blog = 10 EBC, aider à installer la conférence 1h avant l'event = 60 EBC, ..."
Et vous, qu'en pensez-vous ? A quoi cela servirait des EventBriteCredits ?
Et si nous organisions un MoneyCamp pour pousser la créativité dans l'action ?
La Cantine organisait une formation d'initiation à Open Street Map. J'avais entendu parler de cet incoryable outils de cartographie opensource et de sa formidable communauté après le séisme d'Haiti... où comment des internautes du monde entier accompagnent les secours sur l'île sur le répérage des victimes.
Plusieurs themes ont été abordé lors de cette introduction : collecter des données, télécharger des données, créer/modifier des données, nommer les données, ajouter des détails. Une session enthousiasmante, menée de de main de maitre par RatZillaS . Partage de questions et bons liens comme des éditeurs de rendus (CloudMap ou Tilemill). Nous devrions rendre mensuel ce type de "Mapping Party". Des résonnances avec des réflexions de relevés et de cartographie des impacts sociaux de projets social business... au Bangladesh, au Sénégal... A suivre.
(merci à Isabelle pour le partage de cet histoire "remuante").
Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.
L ’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.
Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.
Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.
Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! »..
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».
Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.
Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit : [Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"] Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais... [applaudissements]
Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture surlaquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue". [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »
« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »
I spent nine years in different sectors to accelerate the impact of my work and strengthen my skills around 4 major practices: innovation, customer relationship, social change, webonomics.
> As a consultant, I focused my analytical capabilities to evaluate and leverage new business opportunities : in consumer goods, retail, media, telco with large partners such as Orange, Warner, Gucci, La Fnac, La Poste, LastMinute, Carrefour.
> In 2007, I joined vpod.tv to launch the sales activities of this start-up specialized in webTV : as business developer, I led innovative program for brands such as L’Oreal, SFR, PriceMinister, LeroyMerlin, Fanta, BNP, NRJ over France, UK and Spain.
> From 2008, I have been in charge of social innovation programs at Danone: setting-up international networks to build strategic competitive advantages for the group, aligned with its mission (bring health through food to as many people as possible) and its ecosystem.
> Aside, I’ve participated to various “open innovation” movements, organizing different barcamps and conferences such as TEDxParis, Digital4Change (2000 people around Mitchell Baker, Matt Flannery, Joe Green…) and open currencies workshops.
I am interested in using my competencies and my energy to face new professional challenges with always a larger social impact… particularly through the web.
Un film dure, inspiré du livre de Douglas Kennedy, où Romain Duris interprète le rôle de Paul : personnage kaleidoscopique, emporté dans une tempète dramatique, à recherche de qui il est et de qui il veut être.
Je n'avais pas vu la bande-annonce avant cette projection : juste le titre et l'affiche. J'étais neuf et pouvais projeter n'importe quelle histoire pour ce film. Précisément, le premier point que je voudrais partager est celui de la projection. Paul se projetait dans un type de vie, dans un type de rôle, dans des types de liens. Soudainement, tout bascule. Ses architectures mentales et sociales s'effondrent. Dans ce parcours initiatique, sur les routes de "sa" vérité, Paul se perd, s'enfonce, se "noit presque"... comme si pour devenir ce que nous sommes, il fallait mourir un peu. Du mal à accepter cette idée... mais le débat à la fin du film m'a apporté de nouvelles clefs, pour sortir de l'ombre vers la lumière : accepter les choses comme elles sont, pas comme nous aimerions qu'elles soient, chargées d'un voile de faux-semblants. Cela n'a pas grand chose à voir, mais comme j'ai adoré "Into The Wild", j'ai repensé à cette autre parcours de vie, qui s'entremèle avec le rejet et l'abandon. Les décors, sauvages pour ces 2 films, facilitent surement le raprochement... même si les intriguent sont très différentes.
Deuxième mot clef : le puzzle. J'ai rencontréRaphael, il y a 4 ans, à la sortie d'une projection-débat ("The shop around the corner", je crois ; nouvelle assonance). Nous avons eu depuis de nombreuses discussions sur le souk de nos vies et notre puzzle identitaire. L'identité2.0 est un sujet récurrent pour les social media ninja : comment faire coexister la vie de nos différents avatars, valoriser les empruntes de nos contenus, les traces de qui nous sommes et de ce que nous partageons ("we are what we share"). Dans la vie réelle de Paul, difficile de concilier les différentes vies de sa vie : la fuite en avant, abandonner, déguerpir, enterrer le passé... vite. Cette triste échappée belle devrait ouvrir sur un eldorado possible... pour autant, tant que Paul n'aura pas fait face à ses dragons, sa course poursuite restera interminable. J'avais du mal à percuter sur cette idée : Marina, pendant le débat, m'a gentiment mouché : nous n'avons qu'une vie, nous ne sommes qu'un, il faut se réconcilier avec soi-même pour être vraiment soi. Les différentes pièces de notre puzzle de vie auraient donc chacune une place : elles ont toutes leur importance, inutile de penser pouvoir construire plusieurs histoires avec elles, autre que la sienne propre.
Dernier mot pour ce post : le rire. Il y a assez peu de fantaisie dans ce film... pour autant, le rire est un bon moyen pour prendre du recul, se distancier, accepter la réalité en s'en décroutant. C'est d'ailleurs le thème de "Le Nom de La Rose" - l'intrigue tourne autour d'un secret, tenu depuis Aristote, autour de cette observation "Seul parmi les êtres vivants, l'homme sait rire". L'homme qui voulait vivre sa vie" est un labyrinthe, où l'on s'effondre de Charybde et Scylla... l'oxygène nous manque au fur et à mesure. Besoin de respirer à gorge déployée : le format ciné-débat était donc super bienvenu. On sentait le besoin du public d'extérioriser ses sensations... avec la complicité des réalisateur, acteur et producteur : la convivialité a su prendre le pas sur les tensions de l'intrigue. Quoi que la vie nous apporte : n'oublions pas de rire :)
J’ai eu la chance de participer à
des rassemblements créatifs, festifs et participatifs de toute sorte : des
Barcamps de Digital
Natives aux Forums Ouverts de Cultural Creatives,
des clubs d’Ibiza aux plages de Ko Pangan, des talks TEDx aux activités du
Forum Social Mondial. Tous recelaient de délicieuses pépites, aux gouts
subtiles d’être soi et d’être ensemble, ici et maintenant, accompagnés de
parfums subversifs ouvrant sur un autre monde possible. Pour autant, cette
fois, c’est bien d’un voyage sur une autre planète dont je voudrais vous
parler.
Ce Festival est né en 1986 sur les
plages de San Francisco. Il a grandit, évolué, attiré de plus en plus de
monde : cette année, ce sont 60 000 personnes du monde entier qui se
sont réunies pendant une semaine, dans le désert du Nevada, pour construire une
ville éphémère autour de 10 principes de vie. Vous trouverez des informations
précises sur ce rassemblement détonnant via ce
site ou wikipedia et
d’autres exemples vivants sur notre
album Flickr.
Burning Man est une aventure
kaleidoscopique, joyeuse et inspirante, où j’imagine que nous trouvons ce que
nous avons été prêts à venir chercher. C’est une utopie vivante qui suit les chemins
d’un parcours initiatique, où tout le monde peut être le héro de sa propre
légende. Je ne vous proposerai donc pas ici de synthèse mais vous invite à
y aller en 2011 !
En amuse-bouche, relisons ensemble les
10
principes de Burning Man, à travers 10 anecdotes concrètes que j’ai vécues.
(Merci aux contributeurs de
Wikipedia dont j’ai repris un certain nombre des explications de ces
principes).
Inclusion radicale
Chacun le bienvenu. Il
n’y a aucun préalable à faire partie de la communauté Burning Man.
Ex. : en arrivant à Black Rock city, nous sommes accueillis
par des bénévoles prenant de nos nouvelles, nous demandant d’où l’on vient. Si
c’est la 1ere fois que nous participons au Festival, entant que
« Virgin », nous sommes invités à descendre à de notre voiture et à
nous rouler dans le sable pour que le désert « nous accueille ». Nous
sonnons ensuite une grande cloche en signe de notre venue. Pour trouver sa
place dans le désert (à l’intérieur du grand cadrant qui structure le
campement), le conseil est simple : « balader vous et quand vous
trouvez un endroit qui vous convient, où vous vous sentez chez vous :
c’est que vous êtes arrivés ».
Pratique du don
Burning Man valorise
particulièrement le fait de donner en cadeau, sans escompter recevoir en retour
quelque chose d’une valeur égale. Au lieu de faire usage de monnaie, les
participants sont encouragés à avoir recours à une économie
de don, à un type de potlatch.
Ex. : une
expression consacrée témoigne bien de cet esprit « the playa (l’espace
central, libre pour toutes activités de création) provides ». Ainsi, sans
qu’aucune demande ne soit formulée, tout au long de la journée, on se gratifie
de petits présents : un stick à lèvre fluo est ainsi devenu notre
pendentif des premiers jours.
Décommercialisation
Le festival s’applique à créer un environnement social qui
ne soit en rien tributaire du parrainage commercial ou de la publicité. La
tendance des organisateurs est d'empêcher qu’à l’expérience participative ne
vienne se substituer un système de consommation.
Ex. : pas de
mug, ni teeshirt, ni autre CD collector n’est à acheter sur place. Les
fondateurs, plusieurs fois approchés par des professionnels de l’événementiel,
ont toujours refusé de « licencier » le rassemblement. Les seules
choses qu’on peut aujourd’hui acheter sur place sont des glaçons et du café.
Une fois sur place, la participation à l’ensemble des activités est gratuite.
Pour la 1ère fois, via le site Kickstarter,
la communauté a pu mettre en place un système participatif de financement de performances
artistiques.
Auto-suffisance
radicale
Eu égard à la rudesse de
l’environnement naturel du festival et à sa localisation très écartée, les
participants sont supposés être responsables de leur propre subsistance.
Burning Man encourage les individus à découvrir leurs ressources intérieures, à
s'en servir et à se reposer sur elles.
Ex. : Passer
une semaine dans le désert demande un peu de préparation mais rien de très
sorcier. Quelques conserves, une bonne glacière et beaucoup d’eau (pour 4
jours, nous avions 48 litres d’eau – hors soda – répartis dans 12
gallons) : le tour est joué. A côté de ces biens matériels, c’est aussi
sur ces ressources intérieures qu’ilfaut compter : être prêt à jouer le jeu de l’inattendu et
l’accueillir avec le sourire.
Expression
personnelle et créativité : expression de soi radicale
Les participants sont incités à
s’exprimer de nombreuses manières, à travers différentes formes de création et
de projets d’art. L’expression de soi se nourrit des talents uniques de chaque
individu. Seul l’auteur lui-même, ou le groupe d'auteurs, n’est habilité à
déterminer le contenu d'une œuvre. Celle-ci est ensuite offerte à la
communauté, sans rien attendre en retour. Durant le festival, le port de
vêtements est optionnel ; la pratique du nudisme est courante, mais
demeure minoritaire.
Ex. : Déguisements loufoques, voitures mutantes (mélange entre
Mad Max et le Carnaval de Rio), structures abracadabrantesques : les jours
et les nuits sont des fêtes où chacun apporte sa touche de couleur. On affirme
visiblement un morceau de soi, tout en s’ouvrant à la relation aux autres. Ces
pratiques ne sont pas provocantes mais la plus part du temps joyeuses et
innocentes. Touchant de près aux corps, c’est souvent celles qui marquent le plus
les personnes n’ayant jamais vécu l’intégralité de l’expérience.
Effort en commun
Burning Man est une manifestation
coopérative et collaborative, privilégiant le travail créatif pratiqué en
commun. Les participants sont encouragés à travailler ensemble et à aider leurs
camarades participants.
Ex. : A Black Rock City, il y a des camps organisés
(réunissant plusieurs centaines de personnes) et des espaces libres où les
rencontres se feront par hasard. Dans les deux cas, les relations de voisinage
se font spontanément et rythment les journées. Ainsi, nous partagions souvent
petits-déjeuners et diners avec d’autres Burners à côté de nous.
Responsabilité
civique
La société civile est fortement
appréciée.
Ex. : en plus du respect des 10 principes de Burning Man, le
Festival offre l’opportunité à une centaine d’ateliers de s’organiser chaque
jour. Ils sont totalement autogérés et laissent une grande place à la
discussion et aux partages d’expérience. Nous avons assisté par exemple à 2
cercles passionnants sur « Syntaxe vs Sémentique » et
« Nouvelles architectures monétaires ».
Politique visant à
ne pas laisser de trace :
La communité Burning Man étant
respectueuse de l’environnement, elle s’engage à ne laisser aucune trace
physique de ses activités, à quelque endroit qu’elle se réunisse. Les
participants nettoient les lieux avant leur départ, voire s’appliquent à les
laisser, si possible, dans un état meilleur que celui dans lequel ils les ont
trouvés. Ils s’assurent que leur passage n’aura pas de répercussions à long
terme sur l’environnement.
Ex. : Chaque participant ramène ainsi ses ordures, jusqu’à
l’eau dont il s’est servi pour se laver.
Participation
La communauté Burning Man est basée
sur la participation des burners, dans la conviction que les changements
individuels ou sociaux ne peuvent s’opérer que par la voie d’une participation
profondément personnelle. Les visiteurs du festival sont invités à participer
activement à l'évolution du festival, c’est-à-dire à travailler et jouer. Une
des devises de Burning Man est We make the world real through actions that
open the heart (« c’est par des actions qui ouvrent le coeur que nous
rendons le monde réel »).
Ex. : Ainsi, la fête et la danse ne sont pas que des
exutoires, mais véritablement une manière d’être ensemble, où chacun a
« intégralement » un rôle. Cette phrase que j’aime beaucoup, y
prenait tout son sens « «Ainsi chantait Zarathoustra: je ne croirai
qu'en un Dieu qui sache danser. » F. Nietzsche.
Culture du moment
présent
Dans la culture Burning Man, la
principale pierre de touche fondant le jugement de valeur sera la plupart du
temps l’expérience immédiate, c'est-à-dire sans intermédiaire. Il s’agit
d’être de plain-pied avec soi-même et avec le monde, et par conséquent de
surmonter les barrières s’interposant d’une part entre l’individu et la
reconnaissance de son être intérieur, et d’autre part entre l’individu et la
réalité des personnes qui l’entourent, la participation à la société, et le
contact avec un milieu naturel dépassant les capacités humaines. C’est une
expérience vécue, à laquelle ne saurait se substituer aucune posture
intellectuelle. En conséquence, les participants sont invités à devenir des
éléments constitutifs du festival, de ressentir ce qui vit autour d’eux
et dans la communauté, et d’explorer leur moi profond et leur rapport à
l’événement.
Ex. : Nous
vivions sans horaire, curieux et gourmands de toutes les aventures qui nous
attendaient au coin d’une nouvelle rencontre.
Si votre vie est un jeu dont vous
êtes prêts à questionner les principes, n’ayez pas peur : c’est une expérience
qu’on ne regrette pas.
NB. : toute projection d’un
lieu de débauches, de dépendances et de violences, ne repose que sur la
projection de ses propres peurs ou envies. On vit là-baséquipé des reflexes que l’on avait à l’âge de
7 ans et ils tiennent bons. Ainsi, pour ma part, en 2010, aucun élément de ce
voyage n’a entrainé ni crainte ni honte.
Mes parents ont un vieux PC qui fonctionne sous XP. Ils en sont contents : utilisent word, excel, outlook, firefox (quand même!) et picasa (pourquoi pas). Cet ordinateur leur convient bien... quand il marche.
Effectivement, depuis 2 semaines, l'ordinateur ne démarre plus... ou plus exactement, il se bloque pendant le démarrage (au moment d'une barre de progression blanche sur un fond noir). Une méthode consisterait à le rallumer en mode sans échec (tapoter sur F5 ou F8 au moment du démarrage)... pourtant, ici encore ca coince... une suite de commandes défile et se bloque sur une ligne "system32/drivers/isapnp.sys". Aïe. Comment faire... sans prendre le risque de perdre toutes nos données personnelles ?
Mes petite compétences s'arrêtaient là.
J'ai contacté mon cousin qui m'a conseillé la méthode suivante :
installer avec un CD d'installation le système d'exploitation, libre et gratuit, Ubuntu.
on peut jouer ce système d'exploitation depuis le CD même, sans l'installer (appelé version "live" ou "d'essai"). Cela évite de courir le risque d'effacer les donner de l'ordinateur.
Après, c'est très simple à utiliser, il n'y a aucune connaissance à avoir en particulier : un nouveau système d'exploitation se lance et on accède à son nouveau bureau. Regardez la vidéo ci-dessous.
De là, on peut avoir accès aux fichiers de son ordinateur et les recopier sur un disque dure externe pour les sauvegarder. (la plus part se trouve dans "Documents & Settings")
Ensuite, on peut reformater son disque dure et réinstaller le système d'exploitation qu'on veut.Et pourquoi pas Ubuntu ? :)
Attention : c'était un vielle ordi qui se démarrait avec une disquette d'installation. Ainsi, il convient au moment du démarrage d'appuyer sur Del (ou Suppr) pour accéder au menu de paramétrage et de changer les procédures d'installation de "Floppy" (disquette) à CD, afin que le CD Ubuntu soit reconnu.
Reste donc simplement à trouver un CD Ubuntu. Vous pouvez en trouver sur le très bon Ubuntu-Fr.
Hélas, je n'avais pas d'ordi avec graveur pour me graver un CD. Un petit mail sur Facebook et 3 amis, Fabien, Julien et Grégory m'ont proposé de m'aider. Un tweet sur Twitter et Bao et Olivier m'ont aussi tendu la main. Finalement, c'est Olivier (alors que nous ne nous connaissions pas), qui est un membre très actif de Ubuntu-Fr qui m'a apporté un CD d'installation.
Je suis entrain de faire une sauvegarde des dossiers de mes parents... et tout roule. Merci la communauté !
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