Le projet Nairobi Vlog ne repose pas que sur "des 0 et des 1", n'est pas qu'une construction digitale, virtuelle... Il rapproche des vrais gens, sur des vrais sujets, dans un vrai endroit, à un vrai moment (le WSF2007) pour faire un reportage(-like) diffusé, dans le courant de cette année, dans le vrai-Studio des Ursulines (plus vieux cinéma de Paris... en âge).
Pourtant, il se nourrit largement des tendances "societales" que porte le web actuel. Le slogan "un autre Monde est possible" ou le moto "Power to People" du Forum Social Mondial ne sont pas éloignés du code génétique du web2.0 (qui a sans doute les mêmes chromosomes que le web1.0... mais ne polémiquons pas).
Prenons la liste des gros mots suivants (rattachés à de nouvelles fonctionnalités et usages d'internet) et discutons des nouvelles perspectives qu'ils ouvrent :
- le blogging : nous venons d'un monde vertical, avec un discours top-down. Avec le blogging, non seulement, il y a une multiplication des émeteurs d'information (le système n'est plus pyramidale, avec les "info-capitalistes" en haut ; aujourd'hui, "tout" le monde peut se consruire une tribune sur le world-wide-monde. En autre, la différence (extrème) avec la page perso, c'est que les lecteurs peuvent également réagir. Vive les commentaires, les discussions, les approfondissements ! Nous sommes tous "pairs" (éloignés d'une distance de mail)... nos relations s'horizontalisent.
- les wikis : avec ce format de page, nous ne sommes plus dans l'interaction mais dans la collaboration, dans la construction d'un projet qui nous dépasse. Chacun de nos inputs isolés, viennent se fondre, résonner, se modifier, se compléter, s'enrichir dans une réalisation commune.Wikipedia est la preuve emblématique que l'on peut fabriquer des models alternatifs créateurs de valeur pour le marché : jamais aucun système n'avait pu porter plus efficacement en lui "la compilation et la diffusion de la connaissance au plus grand monde"
- la voie sur IP (Internet Protocol) et l'IM (Instant Messenging) : ICQ, MSN, AIM, YahooMessenger... et plus récemment le génial Skype (qui ouvre les espaces des téléphones fixes et mobiles) nous permettent de communiquer simplement et à prix extrêmement réduit tout autour de la planète. Je me dis que ca doit être merveilleux d'avoir 8 ans et de pouvoir avoir dans son carnet d'adresse des petits amis correspondants à travers le monde entier... n'est-ce pas aussi un moteur de compréhension des autres cultures, de développement de l'échange et donc de pacification ?
- le RSS (podcast compris) : le web devient avec ce genre de fils, plus chaud et plus personnel. Internet n'est plus qu'une sédimentation de pages statiques... c'est un média chaud où l'information circule à grande vitesse. Elle n'est plus enfermée : elle se répand et fertilise la planète. On peut être tenu au courant de toute annonce, sur les thématiques que l'on souhaite, instantanément. L'immédiateté peut effrayer ; elle peut aussi ouvrir des perspectives passionnantes.
- l'AJAX (et derrière lui les applications web hebergées sur serveur) : dans la même veine, on peut se représenter notre vie numérique comme enfermée auparavant sur notre ordinateur, en local. Avec le développement de services hébergés : je peux avoir accès à mes informations où je veux, et depuis n'importe quel terminal (un des soujacents de l'AJAX ets effectivement, grâce à des navigateurs musclés, de pouvoir interragir davantage avec le serveur, en étant moins dépendant de l'ordinateur local). Cela permet aussi de partager plus facilement des documents, de travailler ensemble dessus. Bref, ce type de technologie nous dénoue les mains... et nous invite à jouer, non plus en soliste, mais dans un bel et grand orchestre.
- le tagging : l'information s'organisait à l'intérieur d'index, de glossaire, d'arborescence prédéfinis. Aujourd'hui avec le développement de l'UGC et de la folksonomy, le web se socialise. Nous n'avons plus seulement une organisation scientifique et
autoritaire (ex ante) de l'information, mais également humaine, où chacun, avec des étiquettes, peut donner du sens (subjectif mais réel) aux choses. Le pouvoir (à travers la pertinence de moteurs sociaux, Delicious à U-lik) passe par les mains enthousiastes des utilisateurs, responsabilisés.
- les mash-ups (et globalement les ouvertures d'API, les développement OpenSource et le respect des standards) : autre vent d'ouverture entre les sites et applications eux-mêmes. Ils ne contraignent plus leurs valeurs ajoutées à l'intérieur des murs de leurs URLs, mais les révèlent, les développent en jouant collectif. On se prête des fonctionnalités, créent de nouveaux usages, dé-lock l'information. Tout ce qui favorise l'entente apporte , en valeur absolue (mais qui s'importe du relatif...) plus de valeur.
Voila en quelques lignes. Pour réaction.
Le Web2.0 : la machine à rendre un autre monde possible (et axé sur l'humain) ?
PS : nous avons commencé à partager nos "étagères de livres" sur tous ces sujets à droite de ce vlog (typelist : "Nairobi Vlog Library")
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